La cuisson vapeur et les légumes en restauration collective

Cuisson vapeur des légumes en four mixte

La vapeur est la cuisson la plus sous-estimée de la collectivité, et la plus respectueuse : pas de lessivage des vitamines, pas de matière grasse imposée. Elle a pourtant mauvaise réputation, parce qu’on sert trop souvent un légume vapeur nu. Or un légume vapeur nu est un légume laissé dans l’assiette.

Bien conduire la vapeur

Trois paliers. La vapeur douce, de 60 à 99 °C, pour les produits fragiles. La vapeur saturée à 100 °C, la référence pour les légumes, les féculents et les œufs. La vapeur sous pression, de 110 à 120 °C, qui accélère mais dégrade davantage les vitamines, réservée aux légumineuses. Quelques gestes font tout : des bacs perforés, une seule couche, et de la discipline sur la porte du four, car chaque ouverture rallonge la cuisson de trois à cinq minutes. Les légumes verts se refroidissent vite après cuisson pour fixer leur couleur et leur texture.

Le « pimp du Chef »

C’est la règle qui sauve la vapeur. On ne sert jamais un légume vapeur nu : trente secondes de finition changent tout. Un beurre noisette et du poivre sur des haricots verts, de l’huile et du sésame sur des brocolis, du beurre et du curcuma sur des carottes, de l’ail et de la crème sur des épinards. Environ cinq grammes de beurre par portion : c’est peu, et c’est la différence entre un légume mangé et un légume jeté. Ce geste n’est pas de la gourmandise, c’est de la lutte contre le gaspillage.

Étuver : cuire dans son propre jus

L’étuvée cuit le légume à couvert, à feu doux, dans son eau : fondues d’oignons, compotées, ratatouille. Le piège, c’est la bouillie, et un légume qu’on n’identifie plus est un légume refusé. La parade est la méthode mi-assemblée : on marque à la sauteuse les légumes qui le supportent, oignons et poivrons, pour le goût, et on étuve à part les fragiles, courgettes et aubergines, pour garder la forme. Si c’est identifiable, c’est mangé.

La basse température des légumes

Pour les menus premium et les petites sections, les légumes racines se confisent en basse température, à 80-85 °C pendant deux à quatre heures : ils fondent en gardant leur forme et concentrent leur goût. Carottes, fenouil, betteraves, panais, tomates confites. Ce n’est pas la cuisson des mille deux cents couverts du quotidien, et jamais celle des légumes verts, qui y perdent tout.

Pour aller plus loin

La vapeur se pilote au four mixte et à la sonde, et rejoint la logique douce de la basse température. Les légumineuses et féculents ont leurs propres règles. Retour au pilier : les cuissons en restauration collective. La finition qui fait manger les légumes sert directement la lutte contre le gaspillage.

Sources

Cet article décrit des méthodes et des repères de cuisine ; il ne cite pas de valeur normative. Les grammages de légumes par convive et par classe d’âge relèvent du GEMRCN et se vérifient à la source avant toute publication chiffrée.

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