Bio

Le bio en restauration collective : guide pratique pour les professionnels

Ecrit par Jean-Paul Terrusse
Publié le

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Le livre Référentiel Restauration Collective, par Jean-Paul Terrusse

Le référentiel, en livre — tout le métier dans un outil à utiliser chaque jour.

Le bio en restauration collective

Le bio en restauration collective sert d’abord à régler deux problèmes concrets : tenir les seuils de la loi EGAlim et jeter moins. L’objectif n’a jamais été de passer tous les repas en bio. Il est d’acheter mieux, au bon moment, pour atteindre ces seuils sans faire exploser le budget.

Pourquoi passer au bio en restauration collective

La loi EGAlim (loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine) fixe des seuils de produits durables et de qualité à servir aux convives, et le bio en fait partie. Mais un chef ne bascule pas au bio pour cocher une case. Il le fait parce qu’un produit de saison, cultivé sans pesticides de synthèse, arrive plus frais dans l’assiette et se défend mieux au goût.

Le bio soutient aussi des pratiques agricoles qui respectent les sols, l’eau et la biodiversité, et qui limitent les émissions liées au transport quand l’approvisionnement reste proche. Sur le plan sanitaire et nutritionnel, on gagne l’absence de pesticides et de produits chimiques de synthèse, une bonne qualité nutritionnelle et un respect des saisons qui varie l’assiette et renforce la traçabilité.

Il y a enfin un effet local qui compte. Acheter bio, c’est souvent soutenir des producteurs et des filières du coin, entretenir de l’emploi agricole, sensibiliser les convives à ce qu’ils mangent et donner une image cohérente à l’établissement. Rien de militant là-dedans : des choix d’achat qui se tiennent, budget en main.

Comment mettre en place une démarche bio

Tout part d’un diagnostic honnête. On regarde la part de bio déjà servie, on chiffre le coût matière et le budget réel, on repère les fournisseurs qui peuvent suivre et on évalue ce que l’équipe doit apprendre. Sans ce point de départ, on avance à l’aveugle.

Vient ensuite la planification. On fixe des objectifs progressifs et atteignables, on pose un calendrier, on prévoit les moyens humains et matériels, et on anticipe la communication vers les convives. Puis la mise en œuvre : on forme les équipes aux spécificités des produits bio, on adapte les menus et les recettes, on installe des contrôles qualité et on serre la gestion des stocks pour ne rien perdre.

Maîtriser les coûts

Le bio coûte plus cher au bon de livraison, alors on va chercher l’économie ailleurs. La règle qui guide tout : le prix qui compte, c’est le prix au kilo net dans l’assiette, pas au kilo brut sur le bon de livraison. On privilégie les produits de saison, on travaille des produits bruts plutôt que des préparations toutes faites, on ajuste les grammages au plus juste et on traque le gaspillage alimentaire, qui est de l’argent qu’on jette.

Dernier appui, et pas le moindre : mutualiser les commandes avec d’autres établissements pour peser sur les prix. Plusieurs cuisines qui achètent ensemble négocient mieux qu’une seule, et c’est particulièrement utile aux petites structures. Se faire accompagner par une assistance à maîtrise d’ouvrage aide à cadrer cette organisation.

Approvisionnement et menus

Un bon approvisionnement bio tient sur un réseau de fournisseurs locaux qu’on construit dans la durée. On anticipe les commandes pour sécuriser les livraisons, on fractionne les livraisons pour garder la fraîcheur, et on installe des contrats pluriannuels avec les producteurs quand c’est possible : ça donne de la visibilité des deux côtés.

Côté menus, on introduit le bio par étapes. On commence par les familles les plus accessibles, on adapte les recettes pour valoriser ces produits et on cale les menus sur la saisonnalité. Un produit de saison coûte moins, a plus de goût, et c’est le meilleur allié d’une démarche bio qui doit rester dans le budget.

Faire vivre la démarche

Une démarche bio se voit et se raconte. On forme le personnel aux arguments du bio, on explique la démarche aux convives, on organise des animations et on affiche clairement les produits bio au moment du service. Le succès tient à l’implication de tout le monde, de la direction aux équipes de cuisine, jusqu’aux fournisseurs et aux convives.

Pour aller plus loin, rapprochez-vous des organismes spécialisés comme l’Agence Bio, participez à des formations, échangez avec d’autres établissements qui ont réussi leur transition et suivez l’évolution des réglementations et des certifications. Le Référentiel Restauration Collective réunit ces repères pour avancer sans se tromper de priorité : atteindre les seuils EGAlim par des choix intelligents, pas courir après le tout-bio.

Pour replacer ce sujet dans l’ensemble, consultez notre pilier achats et approvisionnement en restauration collective.

Le livre Référentiel Restauration Collective, par Jean-Paul Terrusse

Cet article répond à une question. Le livre répond à tout le métier : la règle, la technique, la gestion.

Chef Jean-Paul Terrusse
A propos de Référentiel Restauration Collective

Chef Jean-Paul Terrusse

Fondateur du site Référentiel Restauration Collective

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