
Nourrir des tout-petits en crèche, c’est accompagner la découverte alimentaire au moment où tout se joue : la diversification, les textures qui suivent le développement, le goût qui s’éduque. Ce que l’enfant apprend à aimer avant trois ans le suit longtemps. Ce guide du Référentiel Restauration Collective réunit, pour la restauration en petite enfance, les repères nutritionnels, la structure des repas, les allergènes, les contenants et les règles d’hygiène propres à ce public.
Accompagner la diversification
La fenêtre de diversification alimentaire se situe entre 4 et 6 mois, y compris pour les enfants à terrain allergique : la retarder ne protège de rien, au contraire. On introduit les aliments un à un, à quelques jours d’intervalle, pour repérer une réaction. On adapte les textures au développement, du lisse vers les petits morceaux. Et on évite le sucre ajouté avant 12 mois, en le gardant modéré entre 1 et 3 ans.
À cet âge, chaque aliment nouveau se joue sur la répétition : un légume refusé une fois n’est pas un légume perdu, il faut parfois huit à dix présentations pour qu’il passe. Le détail figure dans nos recommandations nutritionnelles pour la petite enfance.
Le juste apport en protéines
C’est le contre-pied qui surprend : chez le tout-petit, le risque n’est pas le manque de protéines mais l’excès. Les apports constatés atteignent environ le double des besoins. Or un excès de protéines dans les premières années est associé à un risque accru de surpoids plus tard. Le repère de sécurité est modeste, de l’ordre de 10 g par jour avant 2 ans et 12 g la troisième année.
La conséquence en cuisine est simple : on soigne la qualité et la variété plutôt que la quantité de viande ou de poisson dans l’assiette, et on laisse toute leur place aux légumes, aux féculents et aux produits laitiers, avec un repère de calcium d’environ 400 mg par jour. La logique nutritionnelle d’ensemble est portée par notre pilier nutrition en restauration collective.
Structurer les repas des tout-petits
Le déjeuner compte trois composantes chez les bébés, quatre chez les moyens, quatre à cinq chez les grands, et chaque goûter apporte un produit lacté adapté. Tant qu’un enfant n’est pas allaité et jusqu’à ses trois ans, la préparation infantile prend le relais du lait maternel, avec un repère d’au moins 500 ml par jour et un enrichissement en fer réglementaire (arrêté du 11 avril 2008). On ne remplace pas une préparation infantile par du lait de vache avant l’âge prévu.
Allergènes et accueil individualisé
L’information sur les quatorze allergènes à déclaration obligatoire (annexe II du règlement européen INCO) s’applique en crèche comme partout. Chez le tout-petit, deux logiques cohabitent : ne pas retarder l’introduction des aliments allergènes chez l’enfant tout-venant, et sécuriser l’accueil de l’enfant déjà diagnostiqué. Ce dernier relève d’un projet d’accueil individualisé, le PAI, construit avec la famille et le médecin, qui prévoit soit un repas adapté fourni par l’établissement, soit un panier familial. La liste des allergènes est dans notre tableau des allergènes.
Contenants : la fin du plastique et du BPA
La petite enfance est en première ligne sur les contenants. Le bisphénol A est interdit dans les biberons depuis 2010, puis dans tous les contenants alimentaires. Depuis le 1er janvier 2025, les contenants de cuisson, de réchauffe et de service en plastique sont interdits dans les établissements accueillant des enfants de moins de six ans (loi EGAlim), interdiction étendue par la loi AGEC aux services de maternité, pédiatrie et PMI. Le détail est sur notre page la sortie des plastiques en restauration collective.
Un cadre réglementaire qui se renforce
Jusqu’ici, la qualité nutritionnelle des repas de la petite enfance n’a pas d’arrêté dédié comparable à celui de l’école. La stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat annonce précisément d’y remédier, avec un premier encadrement réglementaire de la petite enfance et un accompagnement prioritaire des crèches vers les objectifs EGAlim. Autrement dit : anticiper, c’est prendre de l’avance sur une obligation qui vient. Le cadre général est sur le pilier réglementation et obligations.
Hygiène et sécurité renforcées
Le très jeune âge impose une vigilance maximale : le plan de maîtrise sanitaire et la démarche HACCP encadrent chaque étape, avec une attention particulière à la préparation et à la conservation des biberons, à la chaîne du froid et aux allergènes. Le cadre complet est dans le pilier sécurité sanitaire et HACCP.
Questions fréquentes
À quel âge commencer la diversification alimentaire ?
Entre 4 et 6 mois, y compris chez les enfants à terrain allergique. On introduit les aliments un par un et on adapte les textures au fil du développement de l’enfant.
Peut-on donner du sucre aux tout-petits ?
Le sucre ajouté est déconseillé avant 12 mois et doit rester modéré entre 1 et 3 ans. On privilégie le goût naturel des aliments pour éduquer le palais sans habituer à des saveurs très sucrées.
Faut-il beaucoup de viande dans les repas des tout-petits ?
Non. Les apports en protéines des jeunes enfants atteignent souvent le double de leurs besoins, et un excès précoce est associé à un risque de surpoids. On vise une petite portion de qualité plutôt qu’une grosse quantité.
Combien de composantes dans un repas en crèche ?
Trois composantes chez les bébés, quatre chez les moyens, quatre à cinq chez les grands, plus un goûter avec un apport lacté adapté à chaque prise.
Les contenants en plastique sont-ils interdits en crèche ?
Oui pour les contenants de cuisson, de réchauffe et de service en plastique, interdits depuis le 1er janvier 2025 dans les établissements accueillant des enfants de moins de six ans. Le bisphénol A est par ailleurs interdit dans les contenants alimentaires depuis plusieurs années.
Sources
GEM-RCN 2015, fiche petite enfance (structure des repas, fréquences, diversification, sucre ajouté, protéines, calcium, préparations infantiles). Arrêté du 11 avril 2008 (enrichissement en fer des préparations de suite). Loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 et loi n° 2012-1442 du 24 décembre 2012 (interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires). Article 28 de la loi EGAlim et loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 (contenants plastique, établissements d’accueil des moins de 6 ans et périnatal). Règlement (UE) n° 1169/2011 (INCO), annexe II (allergènes) ; projet d’accueil individualisé (BOEN n° 34 du 18 septembre 2003). Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (encadrement annoncé de la petite enfance).

